PANDA GATE Dec 2025

Drame médiatique, le Japon va perdre ses pandas ! 

Au grand désespoir des Japonais, Xiao Xiao et Lei Lei, les deux stars incontestées du zoo d’Ueno seront rendus à la Chine en janvier 2026. Malgré les demandes de Tokyo, Pékin botte en touche, renvoyant la question d’un nouveau prêt de panda à des “autorités compétentes”. Pour la première fois depuis 1972 le Japon risque d’être sans panda a proposer à l’enthousiasme de sa population qui en a fait une mascotte « iyashi » (apaisante). 

Taiwan, la ligne rouge verbale 

Depuis novembre, le ton s’est durci autour de l’hypothèse d’une crise dans le détroit après une de la déclaration de la Première ministre du Japon. Sanae Takaichi a évoqué la possible réaction, y compris militaire, du Japon estimant qu’une situation militaire dans le détroit pourrait être considérée par le Japon comme une “menace existentielle » définie dans le cadre de sa constitution pacifique,  La Chine, pour qui tout évocation de Taiwan est un tabou, a réagi publiquement à ces propos, exigeant du Japon de les retirer. 

Le message de force 

Début décembre, le Japon a dénoncé deux incidents au cours desquels des chasseurs chinois auraient dirigé leur radar de conduite de tir vers des aéronefs japonais. Pékin a contesté la version japonaise et accusé Tokyo d’interférer avec des exercices “légitimes”. Les échanges de protestations classiques ont suivi, ajoutant un cran de plus dans la méfiance. La séquence s’inscrit dans un contexte régional également marqué par une patrouille aérienne conjointe sino-russe près du Japon, perçue à Tokyo comme une démonstration de force. 

L’économie comme levier 

Pékin a affirmé que la coopération commerciale avec le Japon avait été “sévèrement endommagée” par les déclarations japonaises. La tension diplomatique se traduit déjà par des signaux sur les flux commerciaux. La Chine a brandi un levier immédiatement effectif : le tourisme, en mettant en garde ses citoyens contre des déplacements au Japon. L’effet “coup de frein” s’est fait sentir en quelques jours sur les acteurs dépendants des groupes chinois, certains faisant état de la perte d’une large part de leurs réservations. 

L’impact est cependant inégalement perçu et relayé : pour certains commerces et destinations, la baisse est un manque à gagner ; pour d’autres, elle est amortie, voire neutralisée ; les acteurs ayant anticipé la volatilité de cette clientèle disent compenser avec d’autres segments : Japonais, Coréens, Sud-Est asiatique, Europe ou Amérique du Nord. Cette bascule s’accompagne, dans une partie de l’opinion, d’un discours plus dur vis-à-vis de la Chine ; entre lassitude du “surtourisme” et sinophobie sourde. Le “coup de frein” est alors perçu par certains comme un accélérateur de montée en gamme et de consolidation économique. 

Nonobstant une couverture de la séquence Takaichi souvent critique par les médias traditionnels, certains médias alternatifs font état d’un soutien pour sa politique de fermeté..

Les malheureux japonais privés de panda, victimes pas si collatérales de la relation sino-japonaise ? 

(Décembre 2025)