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OMOTENASHI

Omotenashi est souvent traduit par défaut en « hospitalité ». Ce terme japonais fut remis à la mode au Japon en 2013, quand il devint le slogan de la candidature de Tokyo au JO 2020.

Omotenashi est une attitude japonaise décrite pour la première fois par le maître Sen no Rikyu dans sa conceptualisation de la cérémonie du thé. C’est l’état d’esprit qui englobe tous les efforts faits afin de rendre le séjour d’un invité le plus agréable possible.

Les Japonais, bien qu’en ayant poussé la mise en application jusqu’à des extrêmes qui ravissent et étonnent les étrangers, n’ont pas le monopole de l’hospitalité.
Un bon hôte/hôtesse/maître/maîtresse de maison engrange en permanence des informations, des goûts, des objets destinés à construire l’hospitalité dont il fera bénéficier ses invités. 

L’Omotenashi, l’hospitalité, ne pouvant être que conçue pour chaque convive, les plus grands palaces comme les meilleurs maîtres de thé ont souvent pour référence un code d’honneur ou une devise. Les besoins économiques ont tenté de la codifier en manuel utilisable immédiatement par le plus grand nombre plutôt que de prendre le temps de transmettre la règle simple : être à l’écoute.

Outre les règles et coutumes d’un bon accueil, la vraie hospitalité n’est pas une question d’argent mais de cœur et la satisfaction de l’invité en est la seule vraie rétribution.

La particularité du Japon est que cette philosophie, cet état d’esprit est présent dans la société en général, quel que soit l’objet ou le sujet : le plaisir trouvé par les Japonais dans un travail bien fait dont la rétribution est la fierté personnelle étonne souvent les honorables étrangers.

Dans leur obsession de bien faire cependant les Japonais parfois perdent de vue le but au profit des moyens, perpétuant des cérémonials obsolètes sans les remettre en question. S’abîmant dans un Omotenashi d’extrêmes, une prévenance à l’outrance, les Japonais modernes n’entreprennent plus, terrorisés à l’idée de mal faire ils préfèrent répéter des gestes dont ils ont perdu le sens.

En voulant tellement bien faire ils concrétisent leur pire crainte : 

Les JO 2021, exubérante manifestation d’intransigeance et d’incompréhension, furent finalement une réalisation « Omotenashi », homophone qui veut dire « perdre la face ».

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